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La personne, le clan et le Saint-Empire

 

Julien Vitani

18-29.IX.2016

 

« La liberté d'expression. – Toujours Charlie ? »

 

 

 

 

 

   Je suis pour la liberté d'expression. Que chacun s'exprime librement et publiquement comme il l'entend. Je n'accepterai pas d'être bâillonné. Je prends au sérieux le réel et tout ce que j'aurais à dire, j'assumerai chacun de mes propos, s'ils sont injustes, je les regretterai, et j'exigerai de les tous pouvoir dire sans entrave.

 

   Je suis pour la liberté, et l'État centralisateur qui prétend régir nos vies personnelles est à mon sens une abomination. Je tiens en grande haine l'égalitarisme aplatisseur et uniformisateur qui nie nos singularités personnelles, régionales et culturelles. Ainsi, qu'un gouvernement unique et lointain décide de ce qui est permis de dire et de ne pas dire à voix haute est une réalité qui m'insurge lentement mais sûrement.

 

   En outre, quelle schizophrénie nous est de la sorte demandée ! La loi étatique nous autorise de penser ce que nous voulons, mais nous interdit de tout dire publiquement.

 

   Je plaide donc pour la liberté des dessinateurs de Charlie Hebdo de dessiner et écrire leurs immondices abrutissantes, désacralisatrices et déprimantes de laideur éthique et esthétique. Mais qu'ils assument alors la violence de leurs actes graphiques. Qu'ils comprennent que leurs insultes ne sont pas anodines et agressent avec beaucoup de cruauté les sensibilités des personnes qu'ils visent directement, quoi qu'ils en disent pour se déresponsabiliser lâchement.

 

   Car si d'une part je plaide pour une liberté d'expression totale et sans limites dans l'espace public, je prône d'autre part l'exercice d'une certaine forme de justice privée. Si l'un de mes frères est calomnié, sali et insulté par des langues de vipères qui lui rendent la vie impossible, j'estimerai être en droit, avec les miens, de procéder à un avertissement. Si mon père est diffamé, si ma mère est humiliée, si ma sœur est blessée par des paroles ou des écrits destructeurs et dégradants, il est juste que j'en demande des comptes aux auteurs de ces attaques.

 

   Et si un jour je commets ce genre de méfaits verbaux à l'encontre de quelqu'un ou de quelque clan, je comprendrai parfaitement que l'on m'en cause des ennuis.

 

   Seigneur, j'ai commis une faute intellectuelle, mais dis seulement une parole et je serai guéri.

 

   Merci, mon beau Dieu !

 

   Je suis pour le fouet qui claque, les tables qui se renversent et les pièces qui s'enfuient. L'être humain est un temple et toute profanation me révolte. Les liens d'Amour que j'ai évoqués sont sacrés. Le frère est sacré. Le père est sacré. La mère est sacrée. La sœur est sacrée. L'épouse est sacrée. L'Ami même, et, pour être clair, l'Aimé est sacré. L'Amour est en effet sacré, et l'Esprit-Saint de Dieu est la Personne même de l'Amour.

 

   Tout au-dessus des liens d'amour humains que j'ai pris comme exemples il y a, dans la hiérarchie sacrée de mon pauvre cœur, Dieu et la Très-Sainte Vierge Marie dont l'Amour est à l'origine de tous les autres amours. En fait, il n'y a qu'un seul Amour comme il n'y a qu'un seul Dieu, et cet Amour se peut manifester de moult manières et sous moult formes selon les êtres en présence, qui le reçoivent premièrement et secondement en entretiennent volontairement le Feu sacré et vivificateur.

 

   Toute insulte à l'encontre de Jésus et de Marie m'est donc une offense intolérable.

 

   Il va certes de soi que cette justice privée que je défends – parce qu'elle défend l'Amour divin qui nous fait vivre – va tout-à-fait à contresens elle aussi de l'antinaturelle gouvernance centralisatrice qui subjugue aujourd'hui les peuples de France, mentalement et légalement. Elle s'intègre bien plutôt dans une saine logique de frères, de clans et de petits peuples autonomes et enracinés, amoureux de leur terre et du Ciel dont ils sont nés.

 

   Il existe toutefois une autre voie, une sacrée alternative à la justice privée qui conduit bien souvent à des sanctions mortelles et parfois à des vendettas interminables. C'est la voie de la Miséricorde et de la Paix. C'est la prière du Notre Père. C'est la patience amoureuse du Christ. C'est son Esprit-Saint vivificateur et réconciliateur, qui œuvre en nous pour qu'éclate enfin la Paix sur cette terre. Cette Paix naîtra de tous les germes d'Amour que nous semons, car le mouvement de l'Amour est de s'avancer démesurément sans rien attendre en retour et de vaincre inarrêtable et de transmuter miséricordieusement un crachat en rose blanche.

 

   Et c'est bel et bien par cette voie de l'Amour créateur, de l'Entente collaboratrice et de l'intrépide Pardon que ces myriades de clans autonomes, de grandes familles et de petits peuples sauront vivre en Paix et se fédérer en un grand et Saint Empire européen.

 

   Je vous remercie.

 

 

Commentaires

  • Yassine : Ton article m'a effrayé, j'espère ne pas avoir bien compris. Pourquoi admirer des assassins ? pourquoi célébrer la mort des pécheurs ? Je suis comme toi révolté par le blasphème et la "panmuflerie sans limite" du monde contemporain, mais comment de la condamnation du blasphème peut-on conclure à la justification du meurtre et à l'éloge des meurtriers ? Les frères Kouachi, comme tous les musulmans combattants, sont des criminels qui ne savaient pas ce qu'ils faisaient, leur unique faute est d'avoir aimé et suivi un criminel qui les a conduits à la mort, et accessoirement leur incapacité à penser (parce qu'ils étaient avant tout endoctrinés). Comment vouer un profond respect à des criminels ?


    Timothée : Julien, ton texte conjugue avec virtuosité parfaite cohérence, orthodoxie intellectuelle et mise en œuvre immédiate et opérative dans le contexte actuel. Merci encore, cela réchauffe le cœur. Et je te soutiens à 100%. C'est tellement simple et pourtant si radicalement ennemi de la couardise ambiante qui se sert de contorsions sémantiques pour noyer le poisson et ne point assumer la plus simple et évidente vérité.

    Rappelons juste ce que dit le Pape François : « Il y a des limites ». « Si un grand ami dit du mal de ma mère, il doit s’attendre à recevoir un coup de poing ! », a-t-il donné deux fois en exemple.

    Pourquoi ne pas tout simplement avouer que le système médiatique offensif occidental se délecte d'insulter ce que ceux qui n'ont que leur foi ont de plus précieux ? On peut assumer cette offensive mais alors rien ne sert de ne point comprendre la réaction en face.


    Julien : Merci à vous deux pour vos commentaires.

    La première autocritique qui m'est venue en ayant relu ce texte consiste en cette question : "Est-ce que, vraiment, les frères Kouachi ont défendu un Amour divin qui les liait à des personnes réellement présentes dans leur vie, telles les exemples concrets - père, frère, mère, soeur, épouse, Jésus, Marie, Très-Sainte Trinité - que j'invoque alentours ?"

    Secondement, j'affirme que l'être humain est un temple et me dit révolté par toute profanation. Mais la mise à mort d'une personne n'est-elle pas l'une des pires profanations de ce temple voué à l'Amour divin que je prétendrais ainsi défendre ? Il y a assurément quelque chose, quelque démon malsain dans mon admiration de ce que j'ai décidément pris, à tort je le crois, pour une fidélité audit divin Amour : car quand icelui eût été bien présent dans leur cœur et dans leur vie unie à un Dieu tout aussi réellement présent en ce monde - et non lointain et sinistrement impassible selon que l'Islam le fait accroire -, ce même Dieu n'exigea-t-Il pas qu'aucun meurtre ne soit commis, et encore moins au nom de son Amour ?

    Enfin, je pense n'avoir pas précisément assez insisté sur la divine et éternelle alternative aux si humains et temporels désirs de justice privée, à savoir la sacrée voie de la Miséricorde et de la Paix. Car très-certainement, je le sens, c'est bien ce dernier Feu amoureux, le premier et précurseur du monde à venir, qui l'emportera sur toutes les autres voies, à commencer par celle, bien vaine finalement, de la "justice d'humaine facture" - qui n'aura ridiculement rien à voir, à tous les coups, avec la Justice du Christ, renversante folie pour la pseudo-sagesse de ce monde terminé, flamboyante Justice poétique et recréatrice dont nous autres ici-bas crevons de fort gai assoiffement.

    Je vous remercie tous trois, Yassine, Timothée, et Jérémy-Marie, et vous bénis dans le Seigneur Jésus.

    PS : "la force est juste quand elle est nécessaire". Un bout considérable du Saint-Empire européen de notre si cher Roi devra bien, je le crains, se tout de même bâtir à coups irréfrénables de massue désolée.

    PS 2 : J'ai sur conseil de notre ami Nicolas retiré de mon texte le passage interdit par la loi publique. Et cela bien que je n'eusse même pas voulu parler ni de terrorisme ni d'Islam. Il se peut que je fusse une fois de plus un peu à côté de la plaque. Nous n'en demeurons toutefois pas pour l'heure plus libres dans ce pays maudit, et béni de Dieu, ainsi tombé au plus bas, promis au plus terrible et joyeux rétablissement que la Terre ait jamais porté.

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